Namibie


La science c’est bien, mais les vacances aussi. Les deux n’étant pas incompatibles, voici quelques découvertes de la famille Goulu lors de notre récent voyage dans un pays encore plus surprenant que nous ne l’imaginions.

Météorite

Ayant renoncé à visiter Manicouagan l’an passé, nous avons fait un petit détour pour voir la météorite d’Hoba cette fois-ci. Un bloc de métal de 60 tonnes n’a rien de très excitant de nos jours, mais si l’on pense qu’il est tombé du ciel il y a moins de 80’000 ans, qu’il ne s’est planté que de quelques mètres dans le sol sans y faire le moindre cratère et que c’est à la fois la plus grande météorite connue et le plus gros bloc de fer métallique présent à la surface de la terre avant l’invention du haut fourneau, ça devient un objet exceptionnel.

Enfin une photo ou on voir le Dr. Goulu, mais c’est juste pour donner l’échelle. La météorite de Hoba est 600x plus massive que lui. Photo de Julia G.

Plus exactement, cette météorite est une ataxite composée de 84% de fer et 16% de nickel et produite dans une ancienne étoile. Elle est très compacte, et sa forme de soucoupe volante du paléolithique lui a probablement permis de ricocher sur l’atmosphère en perdant de la vitesse avant d’y entrer sans fondre et de se poser délicatement sur un terrain meuble qui a absorbé le choc.

Botanique

Welwitschia mirabilis est une plante poussant uniquement en Angola et en certains endroits du désert du Namib, notamment dans deux plaines que la Namibie se prépare à soumettre au patrimoine de l’Unesco. Laura a bien fait de nous encourager à  parcourir 50 km de piste depuis Swakopmund pour les visiter : sur quelques hectares, seules des Welwitchia poussent, espacées de quelques dizaines de mètres, soit une densité énorme pour ces plantes rares, panchroniques et fort étranges. D’abord, même si elles “ressemblent à un tas d’ordures” en trainant lamentablement leur deux uniques et grandes feuilles au sol et ne dépassent pas quelques centimètres de haut, ce sont des arbres comme en témoigne le bout de bois qui leur sert de tronc. Ce sont des gnetophytes, voisins des conifères comme l’indiquent leurs organes reproducteurs qui ressemblent furieusement à de petites pommes de pin.

Laura et la Welwitschia (photo sur flickr)

Welwitchia n’a absolument pas besoin de précipitations, ses racines peuvent aller chercher eau et nourriture jusqu’à 30m de profondeur dans le sable. D’après la croissance très lente de la plante, on estime qu’elles vivent 1000, voire 2000 ans, donc nous nous sommes promenés dans une forêt millénaire au beau milieu d’un des endroits les plus arides du monde… Apparemment il est possible d’en cultiver à condition de ne jamais penser à les arroser. La plante idéale pour moi…

Hoodia

(paragraphe ajouté le 29.8, quand j’y ai repensé.)  Il y a quelques années, on entendait beaucoup parler de Hoodia gordonii, un cactus poussant dans les déserts d’Afrique australe, et dont nous avons vu un seul exemplaire en Namibie. En mangeant un peu de sa chair, les bochimans San coupaient toute sensation de faim pendant plusieurs heures, voire un jour. L’industrie médicale occidentale, alléchée par le juteux marché de la lute contre l’obésité, s’est empressée d’étudier la plante, d’identifier la molécule coupe-faim P57, de tenter de la synthétiser puis de se rabattre sur la culture du Hoodia, espère care et protégée, après avoir été obligée de payer un redevance aux San.

Ce que nous avons appris en Namibie, c’est que les plantes cultivées ne couperaient pas la faim, ce qui correspond à l’info de la Wikipedia en français, selon laquelle seule la plante fraiche aurait un effet alors que les préparations de plante en poudre n’en auraient pas. La wikipedia anglophone est plus sceptique encore, arguant qu’aucune preuve scientifique de l’efficacité de Hoodia n’a été publiée jusqu’ici.

Voilà pourquoi après un buzz planétaire, on ne trouve des préparations de Hoodia que sur des sites spécialisés en médicaments miraculeux, dont le prix est inversement proportionnel à l’efficacité.

Sossusvlei

Une image valant mille mots, voici Sossusvlei vu de l’espace:

largeur de l’image : env. 100 km. Cliquer pour y accéder dans Google Maps.

Ca a l’air d’une petite vallée creusée par une rivière partant du centre et s’écoulant vers la droite, mais c’est l’inverse. Sossusvlei, c’est l’endroit improbable ou la rivière Tsauchab renonce à rejoindre la mer après 40 km de vallée creusée dans les dunes du Namib, et s’évapore dans de multiples petits lacs. Du moins quand l’eau arrive jusque là, ce qui est arrivé la dernière fois en 2006. Sinon, les sels minéraux qui se déposent au fond des lacs forment des plaques d’un blanc éblouissant. Mais la vallée subsiste et les vents forment sur ses flancs des dunes parmi les plus hautes du monde (375 m), magnifiques de surcroît.