Pourquoi n’y a-t-il pas plus de Google s ?


Dans “How to Fix Venture Capital” Umair Haque analyse pourquoi très peu de startups innovantes arrivent à bouleverser l’économie comme Google. Selon lui “la raison est très simple. Parce que chaque entreprise qui avait le potentiel de révolutionner l’économie dans les 5 dernières années a été vendue bien avant d’avoir la possibilité de révolutionner quoi que ce soit.” Et si Google n’a pas été ainsi tué dans l’oeuf, c’est parce que ses fondateurs avaient “la conviction de changer le monde pour le meilleur” et n’ont pas cherché à se vendre.

Paul Graham répond à ceci dans “Why There Aren’t More Googles” , un excellent essai qui semble plus pertinent si on connait un peu Google ou lu “Comment Google mangera le monde“. Voici la traduction de quelques passages :

Les fondateurs de Google étaient disposés à vendre dès le début. Ils voulaient simplement plus que ce que les acquéreurs étaient prêts à payer. C’est la même chose avec Facebook. Ils auraient vendu, mais Yahoo a offert trop peu (…)

D’après ce que j’ai vu jusqu’ici, les startups qui refusent une offre d’acquisition finissent généralement par mieux réussir. Pas toujours, mais souvent arrive une offre plus élevée, ou une introduction en Bourse. (…)

Même si je suis sûr que Larry Page et Sergey Brin veulent changer le monde, au moins maintenant, la raison pour laquelle Google a survécu pour devenir une grande entreprise indépendante est la même que celle pour laquelle Facebook est jusqu’ici restée indépendante : elle est sous-estimée par les acquéreurs. (…)

Alors, quelle est la véritable raison pour laquelle il n’y a pas plus de Googles? Curieusement, c’est la même raison pour laquelle Google et Facebook sont restés indépendants: la finance sous-estime les jeunes entreprises novatrices.

La raison pour laquelle il n’y a pas plus de Googles est que les investisseurs encouragent les jeunes entreprises novatrices à se vendre au lieu de les financer.

Graham se livre ensuite à une attaque en règle du business actuel du capital-risque, montrant que leur objectif de maximiser rendement/risque les conduit à prendre le contrôle, puis à vendre une entreprise réellement innovante plutôt que de financer sa croissance sous la direction de ses fondateurs visionnaires. Graham y voit cependant une opportunité pour une nouvelle espèce d’investisseurs, un genre de super business angels qui partageraient la vision des fondateurs, mais avec des moyens leur permettant d’assurer le développement de l’entrprise, et pas seulement son lancement.

Référence : Daniel Ichbiah "Comment Google mangera le monde" (2007) Archipel ISBN:9782841878857 WorldCat Goodreads Google Books  

  • Le web ne serait-il plus un champs d’innovation aussi attrayant comme il l’était il y a 10-15 ans lors de l’apparition de Google…??? Voire l’article suivant:

    http://tinyurl.com/4t74e6