Rock et science

Le mot “science” a beau figurer sur une cinquantaine d’albums, presque autant de noms de groupes et une multitude de titres de morceaux, ce n’est pas toujours en son honneur,  lorsque le rapport est compréhensible.

Je ne connais qu’un groupe visiblement inspiré par la science : Muse. Dans les albums “Supermassive Black Hole”, “HAARP“, “Black Holes and Revelations”, “Starlight”, “Butterfly and hurricanes” et “Origin of Symmetry”, outre les titres, les références sont très discrètes : on devine un voyage interstellaire dans les paroles de “Starlight” mais on en reste souvent à la simple figure de style comme dans “Neutron Star Collision” ou “Supermassive Black Hole“.

Ca évolue un peu avec le dernier album de Muse baptisé “The 2nd Law” en l’honneur du deuxième principe de la thermodynamique. Une voix l’énonce inlassablement, et correctement, dans The 2nd Law: Isolated System :

In an isolated system, entropy can only increase.

Même si je ne partage pas l’interprétation de ce principe appliqué à l’économie de notre petite planète (qui n’est pas un système isolé du point de vue thermodynamique), j’aime bien le clip de “Unsustainable”, surtout le début:

Mais ce qui m’a plus intéressé, c’est l’image utilisée pour la couverture de l’album “The 2nd Law” :

Il s’agit d’une représentation des principales connexions du cerveau réalisée par le Human Connectome Project. A part les jolies couleurs, ça n’a rien à voir avec les fantastiques “brainbow” dont Sirtin nous avait causé. Le Human Connectome utilise un scanner spécial développé avec Siemens [1] permettant d’obtenir le gradient (~la direction) des voies neuronales interconnectant les différentes zones du cerveau, puis des logiciels de modélisation et de visualisation du réseau pour produire ces images spectaculaires.

Après avoir un peu fouiné dans Spotify, je n’ai pas trouvé d’autre couverture de disque reprenant une illustration scientifique, ni de disque ou même de “chansons à textes” scientifiques. (références bienvenues dans les commentaires)

Peut-être parce que peu de rockers sont titulaires d’un doctorat. En fait je n’en connais qu’un, et pas des moindres puisque Brian May est l’un des meilleurs guitaristes du monde (preuve en vidéo). Après avoir bricolé lui même sa légendaire “Red Special” et interrompu ses études en astrophysiques pour cause de Queen, il a rendu son travail de thèse [2] 30 ans après l’avoir commencé.

Brian May a composé de nombreux tubes de Queen comme “We will rock you” et “The Show must go on”, mais aucun ne s’appelle “Zodiacal Dust”, hélas.

Qui osera publier le premier article scientifique sous forme de rock ?

Référence:

  1. Van J Wedeen et al. “In vivo imaging of fiber pathways of the human brain with ultra-high gradients“, Proceeding of ISMRM 2012
  2. Brian Harold May "A survey of radial velocities in the zodiacal dust cloud" (2008) Springer ISBN:9780387777054 WorldCat Goodreads Google Books  

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

11 commentaires sur “Rock et science”