La véritable histoire de l’ampoule de Livermore 67


Dans la caserne des pompiers de Livermore, une ampoule à incandescence brille sans (longue) interruption depuis 110 ans. Bon nombre de dénonciateurs de l'obsolescence programmée y voient la preuve d’une conspiration organisée par le Cartel de Phœbus pour limiter la durée de vie des ampoules à 1000h et forcer ainsi les consommateurs à acheter plus d’ampoules que nécessaire. C’est notamment la thèse développée dans le documentaire « Prêt à jeter » diffusé en mars sur Arte, et à nouveau visible sur YouTube. D’ailleurs le titre de la version anglaise du documentaire est « The Light Bulb Conspiracy ».

La cause est entendue, relayée par des centaines de sites. Pourtant, un commentaire de « Tocquevil » cité dans l’excellent article de l’Econoclaste » démontant « Le mythe de l’obsolescence programmée » sème le doute. Il apparaît que le « Cartel de Phoebus » a été soumis à une enquête dans les années 1950 par la commission de la concurrence anglaise, qui l’a condamné pour entente (illégale) sur le prix de vente des ampoules, mais pas sur la durée de vie. Comme indiqué au pt.283 du Chapitre 17, p.98 de leur rapport [1] (traduit par mes soins):

En ce qui concerne les standards de durée de vie, avant l’Accord Phœbus et jusqu’à ce jour, les ampoules à filament habituelles sont conçues pour avoir, en moyenne, une durée de vie minimum de 1000 heures. Il a souvent été prétendu – cependant sans preuve pour nous – que l’organisation Phoebus avait artificiellement fixé une courte vie aux ampoules dans le but d’augmenter le nombre d’ampoules vendues. Comme nous l’avons indiqué au Chapitre 9, il ne peut pas y avoir de durée de vie parfaitement adaptée aux nombreuses conditions variables que l’on trouve parmi les consommateurs d’un pays donné, de sorte que tout standard de durée de vie doit représenter un compromis entre facteurs contradictoires. Le B.S.I, a toujours adopté un seul standard de durée de vie pour les ampoules a filament, et les représentants du B.S.I, et du B.E.A., comme la plupart des fabricants de lampes nous ont dit sous serment qu’ils considèrent 1000 heures comme le meilleur compromis possible actuellement, et aucun élément ne nous a été soumis pour contredire ceci. De ce fait, nous devons rejeter l’allégation fallacieuse mentionnée plus haut.

Quel est donc ce « meilleur compromis possible » qui fixerait la durée de vie d’une ampoule à 1000h ? Il provient de la physique. Une lampe à incandescence produit de la lumière en chauffant son filament par effet Joule. La chaleur est évacuée du filament principalement par le rayonnement du « corps noir », dont une partie peut être de la lumière visible si le filament est assez chaud

Pour obtenir une lumière proche du rayonnement solaire, il faudrait que le filament atteigne 5500 kelvin environ, la température de la surface de notre étoile. Mais le point de fusion de tous les éléments connus est largement inférieur à cette température : le tungstène fond à 3149  K à peine moins que le record du carbone (3327 K), trop fragile pour produire des filaments industriels, et juste un peu plus que l'osmium et le tantale, qui furent utilisés avant qu’on arrive à maîtriser la production de filaments en tungstène.

En pratique, un filament d’ampoule atteint une température de l’ordre de 3000 K, ce qui le condamne à émettre plus de chaleur sous forme d’infrarouges que de lumière visible. Pour un bon rendement de la lampe, on a tout intérêt à ce que le filament soit le plus chaud possible.

Un ensemble de relations expérimentales connues sous le nom de « lamp rerating » [3] permettent de lier entre elles la tension électrique à la « température de couleur du filament et à la durée de vie de l’ampoule. Car lorsque la température se rapproche de la température de fusion, le filament s’évapore par sublimation très vite et claque au bout d’un temps proportionnel à la puissance -12 (environ) de la température. En clair, si on diminuait la température du filament de 6%, la durée de vie de l’ampoule serait multipliée par 2. Mais cette baisse de température baisserait la production de lumière de  20%, pour la même consommation d’électricité.

Considérons une ampoule de 100W qui coûte environ 1 Euro et qui consomme environ 100 KWh d’électricité à 10 cts le KWh soit 10 Euro pendant sa vie de 1000 heures. En tenant compte de ce qui précède, le prix (en Euro sur l’axe vertical) par heure d’une intensité constante de lumière évolue comme ceci en fonction de la durée de vie de l’ampoule (en heures, horizontalement):


Si l’ampoule ne dure pas assez longtemps, le prix augmente lorsqu’on parcourt la courbe vers la gauche parce qu’il faut acheter plus d’ampoules. Par contre si l’ampoule dure longtemps, le prix augmente aussi vers la droite parce qu’il faut consommer plus d’électricité pour la même lumière, le filament étant moins chaud.

(graphique et paragraphe mis à jour après une bulle de formule, voir commentaires) Il y a donc une certaine durée de vie de l’ampoule qui correspond à un prix minimum de la lumière produite, et cette durée est aux alentours de 500 heures seulement, mais on peut la faire durer le double pour un surcoût de 5% seulement. Ou autrement dit, si votre ampoule dure moins que 1000h, vous y gagnez encore un peu !

Des progrès technologiques ont évidemment été réalisés dans la fabrication des filaments pour réduire la vitesse de leur évaporation. Ils sont aujourd’hui doublement spiralés pour augmenter la probabilité qu’un atome évaporé se redépose sur le filament. Et l’ampoule est remplie d’un gaz inerte dont la pression « ramène » le tungstène évaporé vers le filament. Mais il était plus rentable pour le consommateur d’exploiter ces progrès en échauffant le filament un peu plus pour augmenter le rendement de l’ampoule et réduire ainsi sa facture d’électricité que de prolonger la durée de vie de l’ampoule. La compétition entre producteurs d’ampoules a abouti à un optimum pour les consommateurs, pas pour eux !

un filament de tungstème : mais comment diable produisent-ils cette merveille ?

Alors comment se fait-il que l'ampoule centenaire de Livermore fonctionne toujours ? C’est très simple : cette ampoule utilise un filament en carbone dont la résistance a augmenté avec le temps. Conçue pour une puissance de 60W, elle ne consomme plus que 4W aujourd’hui. Sur toutes les photos de l’ampoule on voit distinctement que son filament est rouge, « froid ». D’après les formules mentionnées ci-dessus, cette ampoule ne produit plus qu’environ 0.3% de sa luminosité originelle pour  7% de sa puissance électrique originelle. Son rendement a donc chuté d’un facteur 24 : la caserne de pompiers de Livermore paie donc sa lumière 24 fois plus cher que la normale. Et ça risque de durer, parce que cette baisse de rendement correspond à une multiplication de la durée de vie par 700 millions ! Si on admet que l’ampoule de Livermore était conçue pour durer 1000h, elle produira des infrarouges encore 80 millions d’années !

Références

  1. « Report on the Supply of Electric Lamps« , 1953, The Monopolies and Restrictives Practice Commission, Report 287
  2. chapitre « Obsolescence programmée » dans l’article « Lampe à incandescence » de la Wikipédia
  3. Donald G. Fink, John M. Carroll (electronics, b. 1925) "Standard Handbook for Electrical Engineers" (1978) McGraw-Hill Education ISBN:9780070209749 WorldCat Goodreads Google Books  
  4. Planned obsolescence, The Economist
  5.  Donald L. Klipstein (Jr), « The Great Internet Light Bulb Book, Part I:Incandescent including halogen light bulbs« 
  6. A Shelby Bulbs, Annapolis Tests sur le site officiel de l’ampoule de Livermore

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67 Commentaires on "La véritable histoire de l’ampoule de Livermore"


Invité
fredP
7 mois 6 heures plus tôt
Invité
6 mois 30 jours plus tôt

ah merci, je ne connaissais pas.

d’après la description + photo, c’est plutôt un pendule entretenu par force électrostatique qu’une cloche destinée à faire du bruit. (ça devrait intéresser Marcel) .
On pense que les piles sont des piles zamboni, que je ne connaissais pas non plus, mais si elles fournissent effectivement 1 nano ampère sous 1000 Volts, ça fait un microwatt de puissance soit 6.36 milliwattheures par an, 636 mWh par siècle. Si on pense qu’une batterie de portable actuelle, beaucoup plus petite, contient environ 8000 mWh, ce n’est pas tellement l’énergie stockée dans les batteries qui étonne, mais plutôt qu’elles ne « fuient » pas.

Dans les piles zamboni il n’y a que du métal (argent/zinc), donc pour peu que le papier utilisé comme isolant soit bien sec, 90% du microampère va passer à travers la pile de métal.
Hélas l’électronique actuelle fonctionne avec des tensions de l’ordre du Volt et consomme des milliampères, ce qui demande des batteries très différentes, qui fuient…

Invité
Hervé
9 mois 30 jours plus tôt

Dans le business de l’éclairage, sont parties prenantes les fabricants d’ampoules mais aussi les producteurs d’électricité. Quel est leur intérêt ? Est-ce de favoriser les ampoules basse consommation ou les autres ? Si l’usage de l’éclairage augmentent les pointes de consommation d’électricité, c’est à dire l’hiver vers 19h quand le coût de production est élevé, leur intérêt pourrait-être de voir ces consommations baisser. Donc de favoriser le développement des ampoules basse consommation.

Invité
Julien
9 mois 30 jours plus tôt

Il n’y a rien de mieux que le rendu de couleur des ampoules incandescentes et des ampoules halogènes. Ils ont beau inventer des ampoules Led ou basse consommation, elles n’atteignent pas le rendu de couleur des bonnes vieilles ampoules incandescentes ou halogènes.

Perso, j’utilise encore pas mal les ampoules incandescentes, j’ai du mal à me faire aux nouvelles Led ou Basse conso, elles ont beau consommer moins je retrouve pas une bonne qualité d’éclairage. Peut-être dans quelque temps ils nous feront des Led de bonnes qualité et surtout à des bons prix. En tous cas pour ceux qui recherchent des ampoules incandescentes on en trouve encore dans les petites boutiques de quartier, chez les gros comme Leroy Merlin et Mr Brico on en trouve en decorative, sur le net il y’en a sur http://www.monde-ampoule.fr

Invité
9 mois 30 jours plus tôt

Et quand on on trouvera plus, on pourra toujours acheter ces mini-chauffages électriques qui ne produisent que 90% de chaleur et perdent 10% sous forme de lumière : http://www.heatbulbs.eu/ 😉

Mais blague à part, je pense que les progrès dans les leds blanches « chaudes » permettent désormais d’obtenir une belle lumière avec un bon rendement.

Les « basse conso » sont une erreur de casting, elles vont disparaitre car elles n’offrent aucun avantage sur les leds et posent de gros problèmes de recyclage..

Invité
jmdesp
9 mois 30 jours plus tôt

Mais en fait, les considérer en tant que chauffage électrique n’a peut-être rien d’idiot.

Les radiateurs anciens était à convection, c’est à dire qu’ils chauffaient l’air localement, et qu’ensuite le mouvement de convection propageait la chaleur. Le problème c’est que c’est extrêmement inefficace, car le mouvement se produit essentiellement en direction vertical, et ramène une majorité de la chaleur directement au plafond. Or la plafond est au dessus des têtes, donc la chaleur dans un premier temps est inutile, il faut ensuite qu’elle redescende progressivement, générant quand même un certain inconfort en chauffant plus la tête que les pieds. Mais le plus gênant est que le plafond est dans la plupart des maison une source de perte de chaleur importante, en plus les ouvertures de VMC sont généralement en hauteur, au dessus des têtes. Donc toute la chaleur capturée par le plafond, plus celle sortant par la VMC aura purement été gâchée inutilement.

Aujourd’hui on les remplace par des radiateurs rayonnants, dont les rayons infrarouges d’un coté viennent chauffer les personnes dans la pièce en direct, de l’autre réchauffe majoritairement les parties de celle-ci à hauteur d’homme.
Ce qui est intéressant est que ces radiateurs ont au moins 50% de leur énergie en rayonnement infrarouge. Mais pour les lampes incandescentes, il suffit de regarder le spectre, on doit être très fortement au dessus de ce % émis dans l’infra-rouge grâce au fait qu’on va jusqu’au visible. En plus celui ci est dirigé vers le bas, et orienté pour éclairer majoritairement le centre des zones de vie. Ce serait à analyser plus en détail et plus rigoureusement. Mais le bilan final n’est peut-être pas du tout mauvais.

Invité
9 mois 30 jours plus tôt

Absolument d’accord. En fait j’en avais causé ici : http://www.drgoulu.com/2007/11/07/ampoules-a-faible-consommation/ . Dans les commentaires il y a une référence à une étude montrant qu’à Paris, les locaux sont chauffés pendant 75% du temps ou l’éclairage est allumé (nuits d’hiver), donc 75% de la chaleur « perdue » par l’éclairage est en fait utile :-)

Invité
jmdesp
9 mois 23 jours plus tôt

Effectivement le sujet avait déjà été bien abordé, oups. Merci pour la référence http://www.led-fr.net/ampoule-calimero-eclairage.htm qui indique que 83% de l’énergie part en infrarouge, et seulement 12% en chaleur locale peu efficace. Dans le cas des appliques murales, même ces 12% peuvent servir.

Invité
1 an 1 mois plus tôt

Vu sur aleteia un article intéressant à propos d’une ampoule LED réparable et posté ce commentaire :

La durée de vie des LEDs courantes étant de l’ordre de 50’000 à 100’000 heures, la LED elle-même peut effectivement durer près d’un siècle dans certaines utilisations. Mais selon http://www.ddmagazine.com/1421-Les-lampes-a-LED-tout-savoir-avant-dacheter.html , d’autres composants de la lampe ne dureront « que » 15 à 25’000 heures.

L’invention de M. Muros (brevet https://www.google.com/patents/WO2014053681A1?cl=en&hl=fr ) ne prolonge la durée de vie d’aucun composant, mais elle rend tous les composants de la lampe réparables. C’est très bien. Mais ça n’a de sens que si on peut acheter des pièces de rechange pour cette ampoule pendant un siècle, à un prix « normal ». Cherchez une pièce de rechange pour une voiture ou une machine à coudre de 1914 et cous comprendrez le problème : le seul moyen d’y arriver est de produire les pièces de rechange maintenant et de les stocker pendant un siècle pour alimenter le service après-vente, et de les jeter si le marché ne suit pas…

En plus il faut évidemment que cette ampoule puisse encore être utilisée dans un siècle : mêmes culots, même tension d’éclairage, même forme des lampes… Imaginez que quelqu’un ait l’idée d’alimenter l’intérieur des maisons en 12 volts pour que tous les transformateurs et alimentations nécessaires aux LEDs et à la plupart des appareils électroniques disparaissent d’un coup : la plupart des composants de l’ampoule Muros deviendront obsolets d’un coup. Et si l’éclairage devient un simple tissu (Philips en fait) voire de la peinture qu’on qui absorbe la lumière le jour et la restitue à volonté ensuite ?

L’idée de M. Munos repose sur le principe que le marché actuel reste figé pendant des décennies, et que les clients ont intérêt à acheter son ampoule plutôt que 4 ou 5 ampoules LED actuelles. La faute est là : quand mon ampoule à filament a pété, j’en ai acheté une basse consommation. Quand la basse consommation a pété, j’ai acheté une LED. Et quand n’importe quel composant de la LED flanchera, j’achèterai ce qu’il y aura de mieux à ce moment là.

Invité
steff
1 an 2 mois plus tôt

Bonjour, très bel article. Une question me reste : pourquoi cette lampe banale a t’elle tenu le coup (le filament est plus résistant) alors que d’autres n’ont pas résisté ?! Le carbone de son filament était de meilleure qualité ?

Invité
1 an 2 mois plus tôt

Les filaments de carbone sont très fragiles, donc il est probable que beaucoup d’autres ampoules n’ont pas résisté à des chocs, vibrations etc, et surtout aux allumages/extinctions. Celle de Livermore est installée dans des conditions idéales, avec même une alimentation séparée depuis 1976.

Possible aussi que les autres ampoules aient été balancées à la poubelle lorsque leurs propriétaires se sont aperçus qu’elle n’éclairaient plus à 60 W :-)

Ces filaments en carbone étaient produits en carbonisant une fibre de bambou japonais ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Filament_(Lampe) ), donc il y avait certainement de fortes variations de qualité. Si on avait tracé la distribution statistique de la durée de vie de ces ampoules, on aurait probablement obtenu une distribution très étalée, avec un fort écart type (« sigma »). On cause toujours de l’ampoule de Livermore, mais il y a probablement eu d’autres ampoules identiques qui n’ont duré que quelques heures, et la moyenne n’était peut être pas très loin des 1000 heures… Aujourd’hui les processus industriels permettent souvent de réduire cette dispersion (« six sigma ») : il est moins probable de tomber sur « le mauvais numéro de série », ou le meilleur (j’en cause à la fin de http://www.drgoulu.com/2013/05/01/lobsolescence-est-elle-programmee-2 )

La question physique qui reste et à laquelle je n’ai pas de réponse est : qu’est-ce qui a fait augmenter la résistance du filament, d’un facteur racine(60W/4W) soit environ 4 au cours du temps ? Je penche pour l’évaporation d’impuretés, probablement de l’eau.

En effet, comme indiqué sur http://www.centennialbulb.org/facts.htm il y a eu une panne d’alimentation en mai 2013 qui a éteint l’ampoule pendant plus de 9h. Au réallumage, elle a brillé à 60W (parce que le filament avait réabsorbé la vapeur ?) puis sa luminosité à re-diminué lentement.

Cet événement a certainement beaucoup réduit l’espérance de vie de l’ampoule, pas sur qu’elle tienne 80 millions d’années…

Invité
1 an 8 mois plus tôt

Sur http://retro-forum.com/viewtopic.php?f=17&t=241994 JCJ a posté ce document de 1934 que je trouve fort intéressant. En apparence c’est une preuve de l’obsolescence programmée puisqu’il explique aux vendeurs d’ampoules Philips qu’il faut vendre des ampoules correspondant à la tension exacte du réseau chez leurs clients (tension qui variait pas mal d’un endroit à l’autre à l’époque) sinon ils vendront moins d’ampoules. Mais il explique aussi, bien que peu clairement, qu’ainsi les clients économiseront de l’argent car leurs ampoules seront plus lumineuses.

Invité
pym
1 an 11 mois plus tôt

Et Epson qui magouille ses imprimantes ? On peut aussi augmenter la consommation électrique pour imprimer le double de pages ? 😉

Invité
Goulu
1 an 11 mois plus tôt

J’aborde plus largement (le mythe de) l’obsolescence programmée dans cet article http://www.drgoulu.com/2013/05/01/lobsolescence-est-elle-programmee-2/ .

D’après ce que j’avais trouvé sur le net (ici http://www.the-inkstore.co.uk/frame/pages/Epson%20printer%20resetting.htm ), la raison du compteur dans certaines imprimantes jet d’encre est la suivante : A chaque démarrage, l’imprimante nettoie ses têtes en injectant de l’encre sur une éponge qui s’imbibe peu à peu. Après un certain temps ce système est plein et risque de déborder, tachant l’imprimante, votre bureau etc, donc l’imprimante se met en défaut.

Comme il aurait été difficile (donc cher) de mesurer le niveau de saleté effectif de l’éponge, certains fabricants ont préféré mettre un compteur de pages basé sur une utilisation « normale » de l’imprimante par le public cible (une famille qui sort quelques centaines de pages par an). Après ça vous pouvez:
– faire effectuer une maintenance chez le fabricant, qui sera effectivement assez chère
– la faire vous-même comme indiqué sur certains sites
– utiliser un soft de « reset » du compteur à vos risques et périls si l’encre déborde
– acheter une imprimante mieux foutue ou plus adaptée à vos besoins si vous n’êtes pas content de votre achat.

Si l’on considère de plus que les imprimantes sont vendues à un prix tellement bas que le fabricant ne gagne rien dessus (mais se récupère sur l’encre), il n’y a pas d’obsolescence programmée là non plus

Invité
2 ans 8 mois plus tôt

Intéressante mise en perspective. Peut-on avoir maintenant l’explication de la durée de vie limitée (arbitrairement à priori) de l’imprimante dans le même documentaire sur l’obsolescence programmée ?

Invité
espar
2 ans 9 mois plus tôt

je pensais que le double spiralage (héliçage, en fait) avait pour objectif d’augmenter l’épaisseur de la couche de Langmuir, à l’intérieur de laquelle, grande viscosité des gaz à haute température oblige, le gaz de remplissage se trouve en régime laminaire, ce qui limite les échanges thermiques entre filament et ambiance et donc augmente le rendement de conversion électricité/lumière.

Invité
Nicolas
2 ans 10 mois plus tôt

Pour information, le documentaire « Prêt à jeter » (cité en début d’article et qui avait été supprimé de youtube) est réapparu ici : http://www.youtube.com/watch?v=J-XGn32vYQU
Je l’ai découvert à l’occasion de cet article sur l’obsolescence programmée : http://www.liberation.fr/economie/2012/10/28/la-vie-gachee-des-objets_856572

Invité
Dodo
2 ans 10 mois plus tôt

Juste une petite question qui peut sembler stupide mais qui me taraude: pourquoi n’a-t-on jamais éteint cette ampoule depuis son installation?

Invité
3 ans 6 mois plus tôt

C’est une arnaque leur garantie 1000 heures les ampoules ne durent pas aussi longtemps. Je défit tout le monde de me dire comment ils ont fait marcher leur garantie de 1000 heures et comment ils se sont fait remboursés !!!

Invité
zelectron
3 ans 6 mois plus tôt

Sur un autre blog j’avais écrit ceci:

Autopsie d’un stylo à bille
Sidération quant à la propension pour certains humains à fabriquer/utiliser des objets inutiles (colifichets) ou éphémères (plus qu’usables ou jetables) ceci tirant notre civilisation vers le bas (pour ne pas dire les bas fonds)
– bille en matière usable ou à défaut le logement de cette bille, voire les deux …
– tuyau/réservoir à canal fin et paroi épaisse (effet de loupe pour augmenter l’impression de volume de l’encre)
– réservoir rempli à moitié d’encre(en ce qui concerne les SB transparents) au tiers pour les autres
– corps en matière soit cassable ou solide mais scellé
– recharge d’encre quasi impossible (prix de cette encre, très difficilement disponible, 25 €uros/litre pour 900 à 1000 doses )
– des dizaines de milliards de stylos à billes et autres instruments d’écriture sont partis à la poubelle depuis des décennies (cela pourrait être aussi considéré comme un mépris d’écrire?)
Idem pour les rasoirs (à 25 lames bientôt et inversement proportionnels à leur efficacité et autres briquets jetables, nous tendons à des chiffres astronomiques !), et si on rajoute les cigarettes et autres chewing-gum on tangente l’affolement)
Je rajouterai les objets et la nourriture pour les chiens-chiens à sa mémère sans oublier au restaurant l’assiette quasi-pleine de la « minaudière » qui n’a pas faim et qui sait très bien ce qui va suivre auprès de son séducteur
Et puis ce petit électroménager qui se jette pour n+1 (dé)raisons? (d’autant plus que nous savons parfaitement, et le mot est juste, fabriquer ce genre d’outil ménager pour durer les 30 à 50 ans à venir si ce n’est plus, avec tous les 2 ou 3 ans, selon l’usure, un petit coup d’affûtage sur la lame)
Et que dire des voitures ? là on atteint le summum du gaspillage éhonté !
A croire que le suicide collectif que constitue la complicité et la lâcheté générale pour, à tout prix conserver un emploi pour manufacturer/utiliser ces objets encore et encore plus éphémères, n’effraie personne ?
http://www.come4news.com/autopsie-dun-stylo-a-bille-393290
http://www.fiscalite-environnementale.net/article-comment-sortir-du-tout-jetable-67096032-comments.html#comment96726640

Invité
Thomas
3 ans 7 mois plus tôt

Bonjour à tous, remarquables explications scientifiques, article et commentaires bien étayés.
Mais attention, si les « ampoulistes » de ce vilain cartel ne se sont pas entendus sur la durée de vie de leur produit (d’après la cour britannique, mes respects…), c’est peut-être parce qu’ils n’ont pas eu besoin de le faire à titre collectif. La logique de profit est purement individuelle…
Croire que les industriels (pas tous), quelque soit le secteur, ne nous vendent pas du jetable pour pérenniser leur activité n’est-il pas un peu naïf ?

Invité
Aeterna
3 ans 6 mois plus tôt

Moi perso ce que je trouve bien naif c’est de croire qu’un fabricant qui saurait fabriquer des ampoules qui durerait plus longtemps pour les mêmes performances et le même prix ne le ferait pas. Là maintenant, afin d’ainsi gagner la quasi totalité des parts de marché et gagner plein de pognon tout de suite maintenant, et il s’abstiendrait de le faire afin de ménager ses possibles gains futurs ET ceu de ses concurents …. Faut vraiment croire que les entreprises sont dirigés par des gens charitables et pas pret a tout gagner pour gagner de l’argent rapidement 😀

Accesoirement penser qu’un cartel existerait pour les ampoules, ça voudrait dire que depuis 50 au moins ce cartel existerait et continuerait, et le tout sans se faire choper …. niveau vraisemblance limite la domination par des reptiles extra terrestre est aussi crédible …

Invité
zelectron
3 ans 6 mois plus tôt

@Aeterna,
lorsque je me suis marié j’ai récupéré l’aspirateur « Electrolux » de ma très chère mère, il avait presque 20ans. Ma femme s’en est servie pendant encore 5 ans et quand EDF a changé les compteurs de 110 volts en 220 volts ils nous l’ont échangé contre un « Hoover » tout en plastique cassable (l’autre était en fer gainé d’une sorte de tissu). La fin de l’histoire le « Hoover » a duré 4 ans….moteur grillé, je suppose que l’Electrolux aurait été encore vivant. ceci ce passait entre les années 50 et 75. J’ai été témoin d’un tas de dérives et de malfaçons (dont on ne peut pas écarter quelque soupçons que ce soit, du fait des répétitions au cours du temps)

Invité
callas
1 an 7 mois plus tôt

Moi, je possède toujours l’aspirateur traîneau Electrolux de ma mère. On lui a remplacé, une fois, les charbons. Il fonctionne depuis… 55 ans !

Invité
nonos
3 ans 7 mois plus tôt

Bonjour,

« Ce que montre l’article, c’est que l’amélioration de la qualité des filaments (et ampoules) a été utilisée pour améliorer le rendement de l’ampoule (= produire plus de lumière pour la même électricité) plutôt que pour augmenter la durée de vie, parce que c’est plus économique pour le consommateur. (ou plutôt parce que le consommateur choisit ce qui est plus économique pour lui) »

Dans ce reportage, nous pouvons voir à plusieurs reprises des emballages et des publicités vendant toutes la même durée de vie exactement, 1000 h et non un éventail bien plus probable (800h, 1200h, 1500h, qui dis mieux ?, à titre d’exemple) sans entente préalable des fabricants. De plus, pour s’entendre sur le prix, il faut au préalable s’entendre sur ce que l’on vend, et donc sur la durée. Je me trompe peut-être ^^, mais je vois mal ce cartel s’être entendu pour fixer un prix de l’heure de vie d’éclairage. Le cartel a fixé un prix par ampoule, certes, mais pour ce faire, il aura fixé une durée de vie au préalable.

Je ne me permets pas de critiquer le point scientifique soulevé, je vous en remercie au contraire, mais en revanche, c’est dans les intentions que vous prêtez au cartel que je pense vous faites fausse route. Ou que vous êtes trop clément, ou soucieux de présomption de leur innocence. :)

Sur la page « obsolescence programmée » de Wikipedia, il manque peut-être un chapitre sur l’obsolescence par opportunité, finalement.

(non, je ne m’y colle pas :p)

Merci encore, j’espère que ces critiques ne froisseront pas celui qui tout de même, nous aura encore appris quelque chose aujourd’hui.

Invité
Lea Andersteen
3 ans 7 mois plus tôt

Monsieur Goulu, vous ne démontrez rien du tout. Vous vous parez d’un langage « scientifique » afin de noyer le poisson et épater le gogo qui, fatigué par le vocabulaire sautera directement à la conclusion.

Vous ne faites que des affirmations péremptoires et vous faites des graphiques qui représentent votre pensée et non des données expérimentales.

Je demanderais juste ceci: comment cela se fait que depuis 1950 alors que – je vous cite – « Des progrès technologiques ont évidemment été réalisés dans la fabrication des filaments pour réduire la vitesse de leur évaporation. Ils sont aujourd’hui doublement spiralés pour augmenter la probabilité qu’un atome évaporé se redépose sur le filament. Et l’ampoule est remplie d’un gaz inerte dont la pression « ramène » le tungstène évaporé vers le filament. « , la durée de vie garantie ne soit toujours que de 1000 h? D’un coté vous affirmez que c’est impossible d’augmenter cette durée de vie, et de l’autre vous affirmez que des progrès ont été fait.

Vos graphiques, d’après ce que je vois ne représentent aucunement des données expérimentales mais plutot une l’illustration du fait que vous affirmez. Tout ceci n’est pas scientifique.
LES DONNES EXPERIMENTALES, voila ce qui défini la démarche scienfitique.

Invité
Yves Masur
3 ans 7 mois plus tôt

Toujours sur la fameuse ampoule de Livermore (quel gaspilleurs, ces pompiers: éteindre la lumière c’est aussi de l’économie d’énergie!), il y a un site: http://www.centennialbulb.org/cam.htm
qui, par le biais d’une webcam la met sur la toile. C’est la 2ème webcam, la 1ère a crevé!

Invité
zelectron
3 ans 8 mois plus tôt

J’avais visité dans le cadre de mon job une usine de fabrication de lampes et avait discuté de ceci un bon moment avec un responsable de ligne de fabrication qui m’avait laissé entrevoir quelques « imperfections » sans faire lui-même la relation avec l’achat « forcé ». Il s’agit des années 80 et probablement que depuis, plus que l’excellence a remplacé ces vieilles pratiques.

Invité
zelectron
3 ans 8 mois plus tôt

Le lobby des « ampoulistes » à encore frappé ! il est soigneusement caché dans cet article que les allumages extinctions sont la cause majeure des destructions des filaments ce que Dr Goulu souligne sans toutefois insister. Les défauts de fabrication « involontaires » que sont le vide pas trop poussé dans l’ampoule, l’étanchéité du passage des conducteurs à travers le verre, le verre lui même qui n’est pas forcément de la qualité adéquate, le filament dont l’épaisseur n’est pas constante (le rétrécissement à un endroit est cause de ruptures nombreuses de celui-ci) la qualité de l’alliage est aussi sujette à caution! etc…