Comment faire confiance aux annonces des agences spatiales en sachant qu'elles font dans le sensationnalisme pour avoir des fonds ?

Comment faire confiance aux annonces des agences spatiales en sachant qu'elles font dans le sensationnalisme pour avoir des fonds ?

31 mars 2019 · 2 min. de lecture
quora Comment

Article initialement publié sur Quora

L’article[1] mentionné par Cyril Vallade me semble contenir la réponse:

Pour le comprendre, il faut savoir que, dans le monde anglo-saxon, médiatiser ses découvertes fait partie du métier de chercheur. Ce dernier agit selon deux objectifs, l’un étant plus noble que l’autre. Il s’agit de restituer les résultats du travail scientifique auprès du public qui le finance, mais surtout de montrer que les chercheurs sont aussi des trouveurs, que les budgets alloués ne l’ont pas été en pure perte et qu’il fautrenouveler les crédits pour obtenir de nouveaux résultats, de préférence encore plus spectaculaires…

Or les missions spatiales humaines et la vie extraterrestres excitent beaucoup plus le contribuable et le politique que la composition chimique d’un astéroïde ou la température de la couronne solaire. Il y a donc des publications “grand public” destinées aux 99% des gens qui ne s’intéressent pas particulièrement au sujet, mais paient chacun autant d’impôts que le 1% qui lit les articles scientifiques.

Dans ces derniers, le sensationnalisme est à proscrire, mais peut-être que certains articles sont passés à travers le filtre des reviewers en raison de la réputation de l’institution. Bien qu’en lisant le titre et l’abstract de celui mentionné[2] , les mots “possible … could be … similar to…” incitent immédiatement tout scientifique à la prudence.

Ce qui se passe souvent, c’est que cette prudence est omise par les journalistes qui reprennent l’article d’origine. Je me suis amusé une fois à remonter la chaîne de l’info[3] d’un article grand public jusqu’à la source scientifique, et c’est édifiant. Mais dans ce cas, et probablement dans d’autres, c’est le service de comm de l’institution qui a clairement “survulgarisé” le contenu scientifique pour le rendre médiatique.

Et c’est peut-être là que le bât blesse : les services de communication des universités et centres de recherche sont peuplés de journalistes, pas de scientifiques.

Notes de bas de page

[1] Vie extraterrestre: la Nasa survend ses découvertes

[2] Search for Past Life on Mars: Possible Relic Biogenic Activity in Martian Meteorite ALH84001

[3] Y’a-t-il des trous noirs dans la mer ? - Pourquoi Comment Combien

Dr. Goulu
Auteurs
Dr. Goulu (il/lui)
Ingénieur à la retraite, toujours curieux et voyageur
EPFL MS Informatique 1988, PhD automatique 1994, eMBA Management of Technology

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