2009


photo de Môsieur J. sur flickr

En ces temps incertains, je voulais vous apporter quelques certitudes concernant 2009.

D’abord, 2009 sera l’Année Mondiale de l’Astronomie, y compris en Suisse. On a commencé très fort en observant la Nébuleuse d’Orion le 1er janvier avec la lunette de Yannick, 9 ans, mais je vous promets de continuer avec beaucoup d’articles sur le thème « on est peu de chose dans le vaste Univers ».

Ensuite 2009 sera l’année Darwin. Ca fait 200 ans que l’antéchrist des cré(a)ti(on)nistes est né, et 150 ans que son « Origine des Espèces » (texte intégral ici) explique ce genre de choses magnifiques autrement que par un délire du Créateur:

Guèpe « Fairy Fly » par Spike Walker, vainqueur 2008 du Concours « Olympus BioScapes Digital Imaging »

Sur ce thème « on est peu de chose, mais bien foutu quand même », je vous recommande la lecture des blogs de mes éminents collègues biologistes du C@fé des sciences.

Côté Physique, j’ai une certitude et un espoir. La (quasi-)certitude, c’est de finir quelques articles sur la réversibilité du temps, la symétrie CPT, la supersymétrie et ce genre de trucs. Et l’espoir, c’est que Benjamin parviendra à faire redémarrer sa machine en 2009 et à nous dessiner un boson de Higgs ou un morceau de matière noire.

En Maths, les nouvelles sont mauvaises. Peu de chances qu’un mathématicien obtienne le Prix Nobel d’Economie, comme c’était devenu une habitude ces dernières années… En plus, « 2009 » est loin d’être acratopège : ce nombre a au moins 152 propriétés, dont peu sont intéressantes  :

  • 2009 et 9002 sont tous deux divisibles par 7. C’est peut être un détail pour vous, mais ça veut dire beaucoup pour ceux qui s’escriment sur les sélections pour les Championnat de Jeux Maths 😉
  • le 2009 ème nombre premier, 14741 est palindromique.
  • C’est un nombre « apocalyptique » : 2^2009 contient dans ses décimales 666, le nombre de la Bête qui rompt mes dents (2**2009=58784291598041831640721059900297317581942666346941194264455308125479232583289360069460965699405121019824433389516158094000492490796188432969007685435732643092034554442399887360352654923898902974171610618912504957328187117386950842341026317332718773233103358237779148190179650358079135564562516081648810332848214481400042754868418296221651998157278605568219649390953792425227268163704976021381769156258409778685642966081035151287502869585844829824788935390157871063324138385197912084049961962094914858370754777898867719950514578646749211908564621201347904089822990746021295498658798312326238643788303040512 , merci Python)
  • En plus c’est un nombre méchant (evil number). J’ai pas tout compris, mais il y a aussi du 666 là dessous.

Bref si j’étais numérologue, je dirais que 2009 est très mal barré. Mais même les matheux les plus purs sombrent dans la déprime : dans le dernier « Pour la Science », Jean-Paul Delahays confirme avec « Presque tout est indécidable » que le théorème d’incomplétude de Gödel poursuit ses ravages dans la logique, ébranlant les maths un peu comme Heisenberg a ébranlé la physique avec le principe d’incertitude.

A vous tous mes chers lecteurs je vous souhaite une excellente année 2009 pleine de bonheur, de santé et d’optimisme. Que la Flêche du Temps pointe dans cette direction ô combien désirable. Et si l’incertitude vous ronge, dites vous bien que grâce à Darwin, Gödel, Heisenberg et leurs nombreux disciples, nous échappons à l’ennui mortel d’un monde prévisible. Si Elisabeth Teissier avait raison, ça serait l’enfer.

  • Pingback: 2010 « Dr. Goulu()

  • Bonne annee scientifique 2009 !

    Je veux bien essayer de dessiner un Higgs ou un bout de matiere noire en 2009 mais ca va etre chaud !

    A+

  • Bonne année!
    Dans le genre 666, si on divise 40 000 par 60, on en a une infinité…
    Bon, j’ai pas cherché à savoir si il avait de la concurrence. Je l’ai trouvé par hasard en faisant un calcul lié à une connexion internet il me semble.

    • @gor : Voui, mais l’an 40’000 ‘est dans longtemps 😉 Blague à part, c’est vrai qu’avec n’importe quel nombre tu peux pratiquement retrouver n’importe quel autre, c’est la base de la numérologie, qui permet de radoter n’importe quoi en ayant l’air rigoureux.
      Mais jongler avec les décimales des nombres, c’est un sport mathématique difficile, donc intéressant. Ca a d’ailleurs un rapport avec la logique et le fameux théorème de Gödel dont je parlerai à l’occasion…

  • Merci pour tous ces billets et très heureuse année impaire, enfin selon les principes mathématiques actuels, car Elisabeth aurait certainement réussi à nous démontrer, par exemple dans une thèse en Sorbonne, que le pair n’est pas très « impairméable » … 😉