Pourboires et cycle menstruel 1


Comme “Autour des Sciences” a été le plus rapide cette année à lister les lauréats du prix igNobel 2008, je me contente de traduire en français pour vous l’abstract de l’article “Effets du cycle ovulatoire sur les pourboires des strip-teaseuses: une preuve économique de l’œstrus humain ?” lauréat en “économie” :

ResearchBlogging.org Geoffrey Miller, Joshua M. Tybur, & Brent D. Jordanie (2007). Ovulatory cycle effects on tip earnings by lap dancers:economic evidence for human estrus? Evolution and Human Behaviour, 28 (6), 375-381 DOI: 10.1016/j.evolhumbehav.2007.06.002 (pdf)

strip-tease par puss-in-boots sur flickr

“strip-tease” par puss-in-boots sur flickr

Pour voir si vraiment l’œstrus a été «perdu» au cours de l’évolution humaine (comme des chercheurs le prétendent souvent), nous avons examiné les effets du cycle ovulatoire sur les pourboires de strip-teaseuses professionnelles travaillant en night-clubs.

Dix-huit danseuses ont enregistré leurs périodes menstruelles, heures de travail, et pourboires pendant 60 jours sur le site Web de l’étude. Une analyse statistique par modèle mixte (? mixed-model ?) de 296 périodes de travail (soit environ 5300 danses) a montré une interaction entre la phase du cycle et l’utilisation de contraception hormonale.

Les participantes avec un cycle naturel gagnent environ US$ 335 sur 5h au cours de l’œstrus, US$ 260 sur 5h au cours de la phase lutéale, et US$ 185 sur 5h pendant les menstruations. En revanche, les participants utilisant la pilule contraceptive ne présentaient aucun pic de gains.

Ces résultats constituent la première preuve directe économique de l’existence et l’importance de l’œstrus chez la femme contemporaine, dans le cadre du monde du travail. Ces résultats ont des implications claires pour l’évolution humaine, la sexualité, et l’économie.

Mots-clés: oestrus, sexualité féminine, économie comportementale, industries de services sexuels, la contraception hormonale

C’est pas beau la science ?