L’America’s Cup pour les riches


La Coupe étant revenue à Genève, le record à battre par Alinghi est désormais de 132 ans.

Les Américains avaient réussi à conserver le trophée pendant 132 ans en imposant au(x) Challenger(s) des règles avantageant le Defender, et avaient réussi brièvement à la récupérer en 1988 avec “Stars & Stripes”, un catamaran que les néo-zélandais avaient oublié d’interdire en définissant la jauge des bateaux admis à la compétition.

Une erreur qu’Alinghi ne va probablement pas commettre en précisant la jauge des bateaux qui seront autorisés à le défier très probablement en 2009 déjà. La nouvelle jauge (présentée et discutée dans ce blog) présente un intérêt : celui de relancer l’innovation dans la construction des bateaux. L’ancienne jauge des “Class America” a été tellement optimisée que les bateaux se ressemblaient énormément, au point que certains souhaitaient que la Coupe de l’America se dispute sur des monotypes (bateaux de série tous identiques) comme toutes les autres compétitions de match racing, ce qui aurait beaucoup limité l’explosion des budgets et élargi le cercle des Challengers.

C’est l’approche inverse que suit Alinghi : en définissant des bateaux plus grands mais plus légers et à quille rétractable,  manoeuvrés par des équipiers plus nombreux, tout est fait pour que seule une poignée de milliardaires puissent aligner des bateaux compétitifs, qui plus est dans 2 ans seulement.

Après avoir ravivé l’intérêt des Européens et suscité celui des Chinois et des Africains du Sud pour la voile et sa compétition reine, Ernesto Bertarelli risque de voir cet intérêt retomber rapidement en édictant des règles qui favorisent trop Alinghi. Une solution serait de laisser la porte ouverte à de véritables innovations technologiques comme les multicoques ou les foilers, au détriment de l’aspect “match racing” qui coûte également très cher au niveau des équipages de stars.