Qui veut de l’électricité à prix négatif ? 51


Ca devrait tourner tout seul, pourtant …

La machine à mouvement perpétuel permettant de produire de l’énergie à un prix nul est un vieux rêve de l’humanité. Mais aujourd’hui on sait faire mieux : il arrive de plus en plus souvent que l’électricité ait un prix négatif pendant quelques heures ! On vous paie pour consommer de l’électricité ! Qui en veut ?

J’ai entendu parler de cette aberration il y a quelques temps, voici ce que j’ai trouvé sur le sujet : c’est grâce aux éoliennes allemandes. [1,2,3]

Il y en a beaucoup, et elles tournent toutes en même temps pendant certaines tempêtes nocturnes, produisant des pointes dont on ne sait que faire à ce moment là. On le voit sur le graphique ci-dessous : l’Allemagne dispose de plus de 20’000 éoliennes représentant 24 GW de puissance installée, mais malgré leur emplacement favorable elles produisent de manière très irrégulière, par pics au gré des vents.

La consommation, est très variable aussi, mais assez prévisible. Elle suit 3 cycles : un grand cycle saisonnier (au nord, on consomme plus pendant l’hiver), un cycle hebdomadaire du à la consommation de l’industrie et services (responsable également de « trous » bien visibles à Noël et à Pâques), et un cycle quotidien.

Le 2 octobre 2009 était un vendredi normal en Allemagne : consommation de 12 GW tôt le matin, les centrales à charbon et lignite suffisent, le prix du MWh est autour de 25€. Les gens vont au boulot, mangent etc : vers midi la consommation à augmenté à 18 GWh, il a fallu mettre en marche des centrales à gaz et faire turbiner les quelques barrages. Ces installations sont plus chères, aussi parce qu’elles apportent la flexibilité au réseau, donc leurs exploitants ne les mettent en marche que lorsque le prix du MWh passe au dessus d’un prix qui leur permet de ne pas perdre d’argent, soit environ 70€. Vers 17h il y a une petite baisse de consommation, mais comme tout le monde sait que le soir elle va ré-augmenter, on n’arrête pas les installations malgré une baisse du prix à 40€. Et effectivement le soir quand Herr Schmidt allume sa télé et sa lumière, la consommation augmente encore un peu avec le prix, jusqu’à ce qu’il aille se coucher.

marché EPEX de l’électricité 2 octobre 2009 (cliquer pour jouer)

Le lendemain, samedi 3 octobre 2009, Herr Schmidt ne va pas travailler, il ne se lève que pour manger, ce qui crée un pic de consommation et de prix moins élevé que la veille, mais le soir il y a le foot à la télé, donc la consommation maximale à lieu vers 21h à 19 GWh. Ensuite les exploitants arrêtent les centrales à gaz, ferment les vannes des barrages, baissent un peu la puissance des centrales thermiques car demain c’est dimanche et là ça sera vraiment calme… Mais que se passe-t-il ??? La production diminue trop peu … et en deux heures les prix s’effondrent. Un peu avant minuit, les producteurs ne savent plus quoi faire de leurs megawatts et les donnent…

marché EPEX de l’électricité 3 octobre 2009 (cliquer pour jouer)

Peu de producteurs d’électricité allemands doivent avoir oublié le dimanche 4 octobre 2009. Une jolie tempête atteint toute l’Allemagne avec des vents juste à la bonne vitesse pour faire tourner les éoliennes au max de leur rendement. Mais à 3h du matin, personne ne sait que faire de leur jus. Donc il vont jusqu’à payer 500€ par MWh pour qu’on les débarrasse de ce truc qui fait monter la tension sur le réseau et va faire tout péter ! 500 €, c’est dix fois le prix « normal » de l’électricité, mais en négatif !!!

marché EPEX de l’électricité 4 octobre 2009 (cliquer pour jouer)

Tout ceci démontre un aspect très important de l’électricité mais trop souvent ignoré:

Votre prise électrique ne fournit pas de l’énergie mais de la puissance.

Ce que je veux dire, c’est que lorsque vous allumez la lumière, vous la voulez tout de suite. Et ça implique que quelque part une installation de production va devoir « faire quelque chose » pour fournir cette puissance (en Watts) au moment même où vous la consommez. Ensuite si vous laissez votre ampoule allumée et consommez de l’énergie (rappel : l’énergie est une puissance multipliée par un temps), la production continue au même niveau.

Les variations de prix de l’électricité n’ont pas grand chose à voir avec l’énergie, mais tout avec la puissance. Si la consommation augmente, il faut mettre en marche des installations qui étaient à l’arrêt, et si elle diminue il faut arrêter des turbines, et ces changements prennent du temps, demandent du travail et ont un prix fondamentalement plus élevé que de laisser tourner une centrale (nucléaire…) toute l’année à une puissance quasi-constante.

C’est ce qui a piégé les producteurs d’électricité dans la nuit du 3 au 4 octobre 2009, et encore plusieurs fois depuis mais dans une proportion moindre : ça leur coûtait moins cher de payer pour se débarasser de leur surproduction que d’arrêter des turbines pendant le coup de vent. Une preuve de plus que le problème des éoliennes, c’est qu’elles produisant quand elles veulent, pas quand on a besoin d’elles.

Mais alors, pourquoi les producteurs n’ont-ils pas arrêté les éoliennes ? Peut-être parce qu’ ils touchent des subventions de l’ordre de 100€ par MWh (j’ignore le chiffre exact, si vous l’avez…) Ô surprise, la moyenne du prix négatif payé pendant les 6 heures de cata était de 100€ par MWh… Donc ils n’ont rien perdu, et ont fait payer au consommateur qui les subventionne le coût de l’exportation de leur surproduction vers les barrages alpins, qui la leur ont revendu quelques heures plus tard avec une marge énorme.

Je viens de changer d’avis : je suis pour les éoliennes dans l’UE,
et pour que la Suisse ne s’occupe que du stockage d’énergie…

Références

  1. « Allemagne : quand l’électricité vaut moins que rien« , lesoir.be, 18 août 2010
  2. « Allemagne : un prix parfois négatif pour l’électricité » sur EcoCO2, 2 septembre 2010
  3. Jeremy van Loo « Windmill Boom Cuts Electricity Prices in Europe« , Bloomberg, 23 avril 2010

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51 Commentaires on "Qui veut de l’électricité à prix négatif ?"


Invité
Hal
2 ans 2 mois plus tôt

J’aimerais avoir votre avis sur les Ecobox. D’après ce que j’ai compris, il s’agit de condensateurs installés chez des TPE (artisans…) sensés faire baisser la facture d’électricité. Est-ce rentable pour les clients ? Gagnent-ils à la fois sur l’abonnement souscrit et sur les kwh consommés ? Autrement dit le compteur EDF compte-t-il l’énergie active ou l’énergie apparente ? Est-ce rentable pour EDF dans le sens où ces installations privées évitent à l’opérateur du réseau d’en installer lui même pour améliorer l’onde électrique ?

Invité
Hal
2 ans 2 mois plus tôt

Je reviens sur le concept de vélo à air comprimé qui économiquement me semble intéressant (au doigt mouillé).
J’ai un vélo électrique et son inconvénient tient au fait que les batteries sont soit très chères et légères soit moyennement chères et lourdes (plomb) et à durée de vie limitée.
A contrario, les bonbonnes d’air comprimé n’étant pas chères à fabriquer, l’utilisateur pourrait en disposer de plusieurs pour au besoin les emporter et avoir une autonomie plus importante qu’avec des batteries. Egalement d’ un temps de recharge plus rapide.

Invité
Hal
2 ans 2 mois plus tôt

Merci, j’aimerais bien (en rêve) construire une telle machine.

Je reviens aux éoliennes. Elles sont données pour une puissance, cette puissance correspond à une vitesse de vent, laquelle ?

Supposons que ce soit 20 km/h, à 40 km/h la puissance théorique est alors multipliée par 8. Je suppose donc que l’alternateur débraye à partir d’une certaine vitesse pour éviter la casse et la surchauffe du raccordement.

Invité
Hal
2 ans 2 mois plus tôt

Je m’écarte un peu du sujet pour revenir à celui de l’air comprimé. Y a t il eu à votre connaissance des tentatives pour fabriquer un vélo à air comprimé ? L’air pourrait-être stockée dans le cadre ou dans une bonbonne amovible et un mécanisme pourrait au freinage recomprimer l’air stocké.

Invité
Hal
2 ans 2 mois plus tôt

Comment expliquer simplement que la puissance d’une éolienne varie avec le cube de la vitesse du vent alors que l’énergie cinétique varie avec le carré de la vitesse ? Je n’ai que des souvenirs lointains de terminale S. L’éolienne ne récupère-t-elle pas l’énergie cinétique de la masse d’air en mouvement ?

Invité
Michel
2 ans 2 mois plus tôt

Ec=1/2 (m*v2);
m=Ro*v (La masse d’air qui passe entre les pales du ventilateur par unité de temps est égale à la densité de l’air multipliée par la vitesse du vent)
==> Ec =1/2(Ro*v3)

Invité
Hal
2 ans 2 mois plus tôt

Merci pour ces explications.

Serait-il rentable dans une maison individuelle isolée du réseau de produire l’électricité avec une éolienne, de stocker l’excédent en cas de fort vent en comprimant de l’air et en même temps de produire l’eau chaude sanitaire. Part rapport à un stockage de l’électricité sur batterie.

Autre question, quand un petit groupe electrogène tourne et que l’on ne branche aucun appareil électrique, où part le courant produit ?

Invité
Hal
2 ans 2 mois plus tôt

Merci pour cet article fort intéressant:

Que pensez d’un stockage de l’énergie par air comprimé, par exemple dans les mats des éoliennes ? Est-ce que ce serait rentable ?

Invité
Benoît
3 ans 9 mois plus tôt

Bonjour,
je lis ce billet quelques mois après sa rédaction mais il m’a fort intéresse et les commentaires de vos lecteurs en enrichissent le contenu.

Après avoir lu, je m’interroge sur l’intérêt d’accumuler les Wh. Autant pour une centrale d’1 GW, tourner pour remplir des batteries dans les creux de consommation ne me parait pas raisonnable (et technologiquement infaisable). A l’inverse, pour un particulier, y a-t-il une possibilité d’utiliser les pic de production de son éolienne pour charger une batterie qui servira quelques heures plus tard quand le vent sera tombé. Le lissage est-il possible ou bien les constantes de temps des deux sont incompatibles ?

Je crois alors que ce particulier, n’étant pas raccordé directement au réseau, ne pourra pas revendre sa production à EDF, ni recevoir des subventions. Cela change aussi l’équation économique.

Benoît

Invité
JeanBre
4 ans 1 mois plus tôt

On ne peut pas prévoir précisément la demande non plus. On peut juste faire des prévisions statistiques en fonction de la météo, des cycles de consommation saisonniers, hebdomadaires et quotidiens, des relevés des années précédentes à la même période et de l’évolution de l’économie.

Il faut en permanence adapter l’offre à la demande et les régulateurs qui commandent les pompes font ça très bien. Par contre, prévisions exactes ou pas, il est techniquement impossible de sortir ou plonger les barres de combustible nucléaire à chaque minute pour produire juste la quantité d’électricité nécessaire.

Les centrales nucléaires sont aussi inadaptées que les éoliennes pour satisfaire la demande d’électricité. Pourtant les centrales atomiques sont utilisées et c’est grâce à des moyens de production complémentaires et plus adaptés, ainsi qu’une politique de prix qui encourage une demande lisse et continue (mais contraignante), que les consommateurs sont satisfaits.

Peu importe combien de kWh les éoliennes produiront dans 2h ou dans 2 jours. Si cette énergie est produite lors de fortes demandes, les consommateurs la consommeront et les turbines des barrages seront ralenties pour ne fournir que l’électricité qui manque, sinon il faut simplement disposer d’un moyen de stockage prêt à accumuler l’énergie produite pour la restituer plus tard. C’est ce que font les barrages, avec leurs pompes et turbines.

Les moyens de production doivent opérer en réseau, mais pour améliorer l’efficacité de ce réseau, il vaut mieux produire à proximité des consommateurs. Et les éoliennes peuvent être implantées à une plus grande proximité des consommateurs que les centrales nucléaires françaises utilisées actuellement.

Vos arguments pour expliquer pourquoi les Allemands n’arrêtent pas les éoliennes en période de surproduction ne sont pas convaincants. D’abord le graphe n’est pas assez précis pour affirmer que les pics de surproduction correspondent aux pics de production éoliens.
Chaque jour connait des pics et des creux. Les pics de demandes se produisent le jour, à midi et en début de soirée, tandis que les creux se produisent la nuit.
Or les pics éoliens ne sont pas réguliers et rien ne permet de dire qu’ils coïncident avec les pics de surproduction de nuit. D’ailleurs les enveloppes des courbes grises et vertes n’ont pas du tout la même allure.

La surproduction est davantage due aux centrales nucléaires qu’aux éoliennes, surtout dans un pays où les éoliennes produisent encore moins d’énergie que les centrales atomiques.
En plus la surproduction mentionnée est globale à l’échelle du pays. Il faudrait encore savoir si la Bavière, surtout nucléaire, était en surproduction pendant que les villes du Nord connaissaient une demande que les éoliennes de la région ne parvenaient pas à satisfaire entièrement, notamment pour le chauffage pendant les tempêtes. Il aurait été stupide d’arrêter des éoliennes localement, pour transporter des kWh nucléaire du sud avec des pertes, alors que l’Autriche était prête à consommer l’énergie nucléaire bavaroise pour remplir ses barrages et qu’il n’est pas possible d’interrompre une centrale nucléaire pour une nuit seulement.

En France, pour éviter les prix négatifs, EDF a fortement encouragé le chauffage électrique en priant les consommateurs de consommer l’électricité la nuit. Or le chauffage électrique est une aberration totale du point de vue rendement énergétique. Il est stupide de chauffer de l’eau dans une centrale nucléaire à une centaine de km, avec un combustible extrait à des milliers de km, transporté et transformé en consommant beaucoup d’énergie, pour produire de l’électricité, et pour la transporter jusqu’aux consommateurs, qui transformeront cette électricité en chaleur la nuit, pour ensuite dissiper cette chaleur dans les logements durant la journée !!!
Les pertes à chaque transformation et pour les transports sont énormes.

Vous qui reprochez aux éoliennes de ne produire de l’électricité que 20% du temps (ce qui n’est pas exact non plus. Les 20% sont un raccourci mathématique), vous ne voudriez pas qu’on diminue encore leur rendement en les stoppant lorsqu’il y a du vent 😉

Lorsqu’on arrête une centrale atomique, c’est souvent pour un incident ou une révision, et ce n’est pas du tout en accord avec la demande. Une centrale nucléaire peut être arrêtée pendant des mois, y compris en hiver et à midi, quand les habitants ont besoin de se chauffer et de manger chaud. Cela devrait être à vos yeux un argument suffisant pour considérer le nucléaire comme le pire moyen de produire de l’électricité.

Tandis que les éoliennes, si elles sont assez nombreuses et dispersées sur un vaste territoire, elles ne tomberont pas en panne en même temps et ne seront pas toutes privées de vent au même moment.

Invité
JeanBre
4 ans 1 mois plus tôt

L’électricité à prix négatif a existé aussi au Canada, mais pas pour l’électricité d’origine éolienne. Les centrales nucléaires en grand nombre là-bas, produisent de l’électricité en quantité constante. Il n’est pas possible de ralentir ou d’augmenter la production d’une centrale nucléaire en fonction de la demande.

Par conséquent, chaque nuit, une grande quantité d’électricité était produite en surplus. Il s’en suivait de graves difficultés de surcharge des lignes électriques et des transformateurs. C’est pour cette raison que les distributeurs au Canada ont longtemps préféré payer les rares consommateurs qui voulaient bien demander de l’électricité la nuit, plutôt que de risquer des pannes et des destructions de matériel.

La seule solution est de développer des installations capables d’emmagasiner l’énergie produite au mauvais moment pour la restituer pendant les périodes de forte demande.
Mais cette nécessité est valable pour tous les moyens de production qui ne sont pas régulables, que ce soient les centrales nucléaires ou les éoliennes. Et si de nombreux pays ont été capables d’adapter leur production de kWh nucléaires à la demande, ces mêmes pays doivent être capables d’adapter leur production d’électricité éolienne.

Invité
Alexandre
4 ans 2 mois plus tôt

Bonjour,
Merci pour cet excellent article.
J’avoue avoir surtout été surpris par la quantité réellement produite par les éoliennes en comparaison avec leur puissance « affichée »
Quel est l’origine du graphique « power generation from wind in 2008 in germany »? question de voire comment évolue le rendement annuel entre la production et la capacité nominal avec le années.
Bonne journée!

Invité
Christian.
4 ans 4 mois plus tôt

Question unités: Bon eh bien je pense qu’il serait beaucoup plus simple de n’utiliser dans les sujets qui traitent des réseaux électriques que des kW et des kWh et laisser de côté les mega, giga et tera. Exemple: c’est beaucoup plus claire d’écrire que le nucléaire en Suisse représente 26’000 millions de kWh que 26’000 GWh. Les kWh peuvent être utilisés pour tous les types de production: éolien, solaire, hydraulique et nucléaire.

Invité
Romain
4 ans 3 mois plus tôt

On pourrait aussi utiliser les unités SI, soit le W et la seconde, tant qu’a faire !!

Soyons sérieux, et considérons que ceux qui ne comprennent pas les facteurs multiplicateurs ne sont certainement pas apte à comprendre le sujet même d’un tel article.

Invité
Martin Claude
4 ans 4 mois plus tôt

Pas d’accord. Quand on travaille en permanence avec les chiffres, il est impensable de tout ramener à la même unité, surtout pour les grandes valeurs. Ce que vous dites est juste pour quelques profanes qui ne maîtrisent pas les préfixes multiplicateurs. Ils ont étés inventés pour faciliter la communication et les mesures.
Si on en était resté là, votre disque dur ferait aujourd’hui : 2’000’000’000 bytes
Pas grave, puisque le soleil est à 150 000 000 000 mètres de la terre !
Ou encore pourquoi ne pas dire qu’Andromède se situe à :
220’008’000’000’000’000’000 km de la Terre !

Invité
Marc nicole
4 ans 5 mois plus tôt

Tout de même quelque chose de bizarre dans cette histoire: si effectivement on peut comprendre que la valeur d’ un MWh tempête de nuit soit plus faible qu’à midi,il n’en reste pas moins que ce peut être valorisé via un barrage à environ 2/3 du coût marché.
Gageons qu’avec un peu d’ Experience et de bons contrats, ce sera le cas.
A part cela, oui ce sera de plus en plus intéressant de posséder un barrage

Invité
4 ans 5 mois plus tôt

J’ai appris pas mal de choses, billet très intéressant.

Invité
Neutrino
4 ans 5 mois plus tôt

Bien que vous expliquiez la différence entre W, Wh et W/h, quelques maladresses sembent s’être tout de même glissées dans votre article. En effet, vous parlez au début d’un « consommation de 12GW » puis ensuite de consommation de 18 et 19 GWh.
La manière dont vous en parlez laisse penser à une puissance.
En fait les chiffres évoqués concerne des volumes de transaction déclinés par heure sur des marchés spécifiques. Il serait donc plus judicieux de parler de consommation de 12 GWh entre 2h et 3h du matin… (on pourrait même paler de GWh par heure !)
D’autre part, même la nuit, la puissance consommée ne tombe pas à 12 GW mais plutôt aux alentours de 40-50 GW (comme le montre d’ailleurs votre 1ère illustration). Le marché spot ne représente effectivement qu’une partie minime du marché global de l’électricité.

Invité
4 ans 5 mois plus tôt

pas d’énergie mais de la puissance, ah tiens j’ai appris un truc là (en même temps c’est pour ça que je passe dans le coin :D)
se faire payer 500 euros pour une heure de conso électrique ça rembourse plus qu’une année de factures EDF, c’est t’y pas formidable.
ah et puis, la puissance en trop des éoliennes on la ferait pas passer dans une prise de terre avec un disjoncteur ?

en bonus je me posais justement une question hors sujet en algèbre:
soit x / x = 1 , jusque là tout va bien
si x = infini , est ce que infini / infini = 1 ?
J’ai eu beau passer mon bac S je suis toujours pas certain que ce qu’on appelle « variable » soit variable aussi quand on effectue le calcul, d’où ma supposition que infini / infini ne ferait pas forcément 1.

Invité
Jean-Paul Bourdon
4 ans 5 mois plus tôt

Le nimbysme n’est pas une notion scientifique

Dans le recours même à cette expression d’origine populaire – not in my backyard existait avant que les ingénieurs mécontents d’aujourd’hui ne s’en emparent –, on reconnaît le moralisme anglo-saxon toujours prompt à juger et dénoncer le comportement des autres – forcément égoïstes – et à réduire les attitudes sociales à un choix binaire. Dans beaucoup de travaux scientifiques américains actuels, tout comportement humain ou animal ne peut témoigner, par exemple, que d’une attitude ou « altruiste » ou « égoïste ».
Car c’est bien un cerveau anglo-saxon qui a transformé cette expression populaire de nimby en formule « scientifique ».

Comment le nimbysme est-il arrivé en France ?

En France, cette formule stigmatisante a été lancée par les aménageurs, il y a deux décennies, à partir du moment où de plus en plus de citoyens réunis en associations ont estimé avoir un droit de regard sur la manière dont on voulait modifier leur cadre de vie. Les professionnels de l’aménagement (ceux de la SNCF, de la DDE, d’EDF, etc.) ont très mal vécu cette remise en cause de leurs compétences et de leur rôle séculaire, s’estimant seuls capables de déterminer l’intérêt général, jusqu’à « passer » en force. Ces technocrates n’avaient pas l’habitude d’être interpellés par de simples quidams ni de perdre du temps à écouter leurs points de vue. Ils agissaient pour le bien-être de tous, quitte à gâcher la vie de quelques-uns pour toujours. Leur morale était sauve.

Ces aménageurs se sont alors aperçus que leurs homologues américains (les planners), qui faisaient face eux aussi au même problème depuis la fin des années 1970, s’étaient servis de l’expression populaire en question, réduite à un acronyme, à la fois pour « faire concept » et frapper les médias, afin de disqualifier les mouvements d’opposition et les ramener à des « émotions populaires », des réactions immatures, « locales », donc mineures et, pour finir, selon les conceptions utilitaristes, « égoïstes », donc immorales, illégitimes.

On peut comprendre que cette tentative de culpabilisation des citoyens opposés à des projets d’aménagement en les traitant de nimby ait été reprise en Europe au début des années 1980 par les aménageurs et les technocrates, cela reste incompréhensible de la part de chercheurs et de scientifiques, du moins en France. Il est toujours risqué de recourir sur le plan scientifique à une catégorie dont on n’a pas mesuré l’implicite, l’extension idéologique et politique, ni même sans en avoir cherché l’origine (qui, où, quand et, surtout, pourquoi ?). Ce que les historiens appellent la critique des sources, les scientifiques doivent l’appliquer aux mots qu’ils empruntent, car les mots sont aussi des « documents ». Ils ne tombent pas du ciel et sont toujours le produit d’un groupe social et de ses intérêts. Il est délicat de prétendre décrire le réel à partir d’une expression disqualifiante sans adopter le jugement moralisateur qui la sous-tend.

L’âge d’or de l’aménagement conquérant, s’appropriant sans débat des espaces au nom de l’intérêt général, est révolu.

Nous n’avons donc pas à utiliser cette accusation de nimby, encore moins à parler comme des psychiatres de « syndrome nimby », dans aucun débat technique ou scientifique comme ici.

Invité
Yves Masur
4 ans 5 mois plus tôt

J-L Butré dit: 12.000 éoliennes sur le France ne produiront que quelques % d’électricité et surtout pas forcement au moment ou les consommateurs en ont besoin.
Il faut reconnaître que le nucléaire n’est pas mieux sur ce plan (pas les%, mais la prod!). A cause de l’inertie du système, le nucléaire va bien pour la production en ruban, mais n’absorbe pas les variations. Les centrales thermiques idem. Et qui absorbe les variations? sur le très court terme (15 minutes): l’inertie des machines tournantes. Et l’hydraulique: un groupe Pelton démarre en 3 minutes. En effet, c’est bien là que se situe absorption des pic d’énergie, tout n’est qu’une histoire de constante de temps.
L’argument « néodyme » n’en n’est pas un sur la durée. Soit on va réactiver d’autre sources, taries à cause de la politique des prix extrêmement bas des chinois, soit on fera comme pour tout moteur/générateur: magnétisation par excitation séparée.
Cependant, le problème de l’éolien est bien de produire… quand le vent souffle. On peut raisonnablement supposer qu’à moyen terme, la capacité installé peut aller jusqu’à la valeur ruban minimale; mais il faudra bien « assouplir » les autres productions pour suivre le mouvement… D’où l’intérêt des consommateurs intelligents: chargeurs, pompes, compresseurs à enclencher à la demande.

Invité
Baranger Michel
4 ans 5 mois plus tôt

Bonjour
Je pense que vous ne connaissez pas le fonctionnement d’une centrale thermique nucléaire ou classique.
Elles participent à la puissance demandée en temps réel grâce au programme de consommation élaboré la veille du jour et au système de télé réglage qui correspond à un pourcentage en + ou en -de la puissance de la tranche.
Ces tranches participent également à la tenue de la tension par la fourniture ou absorption de l’énergie réactive ce qui ne semble pas être le cas des éoliennes.

Invité
4 ans 5 mois plus tôt

EOLIEN:UNIQUEMENT UNE AFFAIRE D’ARGENT PAS D’ECOLOGIE

Partout en Europe c’est une industrie ultra subventionnée
En France les 19.000 mégawatts d’éolien terrestre de « l’Ex ministre du Grenelle de l’Environnement » soit 12.000 éoliennes sur le France ne produiront que quelques % d’électricité et surtout pas forcement au moment ou les consommateurs en ont besoin.

Le programme éolien offshore (en réalité au voisinage immédiat du littoral) pose lui aussi d’énormes problèmes environnementaux et les difficultés techniques ont été minimisées par les promoteurs.
Les 1.500 éoliennes prévues seront ruineuses et le tarif actuel de rachat de cette électricité à 13 ct le kWh sera insuffisant. Cela explique les hésitations du Gouvernement pour lancer cet appel d’offre qui correspondra à une facture supplémentaire pour les ménages de 20 à 40 milliards d’euros (à ajouter aux 40 milliards déjà programmés par l’éolien terrestre).

La France peut -telle continuer à dilapider plus de 80 milliards d’euros et importer toutes ces éoliennes industrielles du Danemark, d’Allemagne et très prochainement de chine pour produire ces quantités minuscules d’électricité lorsque les consommateurs n’en ont pas besoin ?

Chaque éolienne contient 500 kg de néodyme ( aimants permanents la génératrice) dont la Chine contrôle 95% le marché mondial . C’est une “terre rare” et dont le prix vient d’être multiplié par dix et des quotas réduits des 35% par ce pays ( voir guerre économique actuelle avec les USA)

La France peut-elle continuer à subventionner des emplois en Chine avec de l’argent public ?
Les ménages français vont– ils accepter que leur facture d’électricité augmente de 40% alors que 3 millions d’entre eux ne peuvent plus la payer?

L’éolien est une vaste affaire d’argent. Ces énormes aérogénérateurs, produisent des quantités d’électricité minuscules et imprévisibles et sont outrageusement subventionnées par la collectivité. Elles rapportent des fortunes aux affairistes du vent.

Eolien terrestre
19.000 MW = perte 2 milliards d’euros par an
Eolien offshore:
6000 MW = perte de 1, 2 milliards d’euros par an au tarif actuel 0,13 ct/ KWh (insuffisant pour les promoteurs)
Renforcement et adaptation du réseau électrique:
5 milliards d’euros
Compteurs dit “intelligents” :
5 milliards d’euros
Démembrement des éoliennes :
1à 2 milliards d’euros pour 10.000 éoliennes terrestres et plus pour les éoliennes offshore.
http://environnementdurable.net
http://epaw.org

Invité
Romain
4 ans 3 mois plus tôt

Quand on ne connait RIEN, on évite des répandre des conneries sur le net !

Les génératrices à aimants permanents, ça a des tas de domaines d’application lorsque le rendement importe peu, donc surtout pas dans une éolienne !
J’oserai même affirmer sans aucunes recherches que tous les grands constructeurs éoliens Européens utilisent des génératrices excitées, et donc pas un gramme de néodyme (C’est le cas pour REpower, groupe allemand pour lequel j’ai travaillé).

La justification physique parait évidente d’ailleurs : 1% de rendement en moins sur une éolienne d’une puissance de 2MW, c’est l’équivalent d’un radiateur de 20kW dans la nacelle qui fonctionnerait en continu lorsque la machine tourne à vitesse nominale. Pousser le rendement au maximum est donc une priorité absolue.

Et pour l’importation d’éoliennes fabriquées en Chine, quel est le barrage à votre avis ? Le groupe pour lequel j’ai travaillé fabrique des éoliennes en Chine, pour la Chine, et les éoliennes européennes ne seront jamais fabriquées ailleurs qu’en Europe tout simplement parce que le gain sur la fabrication est très loin de couvrir le prix de transport de machines aussi imposantes.

Invité
Romain
4 ans 3 mois plus tôt

Finalement j’ai fais quelques recherches, et j’admet avoir été un peu loin dans mon affirmation : REpower, Vestas et Nordex utilisent des génératrices excitées

GE, Gamesa vantent l’aimant permanent, Enercon l’utilise vraisemblablement et Siemens semble n’avoir qu’un modèle utilisant cette technologie (Une éolienne sans multiplicateur, comme celles d’Enercon).

Je n’arrive pas à trouver de données sur les constructeurs éoliens les plus présents en France, dans mes souvenirs le premier est Vestas, puis REpower et Enercon qui se battent la seconde place.

Sources :
http://www.repower.fr/fileadmin/REpowerFR/PDFS/PP_MM92_FR_3.pdf
http://nozebra.ipapercms.dk/Vestas/Communication/Productbrochure/V901820MW/V901820MWUK/
http://www.nordex-online.fr/fileadmin/MEDIA/Gamma/Nordex_Gamma_N100_fr.pdf

Invité
Hervé
3 ans 9 mois plus tôt

Bonjour,
Pour les (rares) fabricants francais, je pense que Jeumont utilise les aiments permanents depuis longtemps (bien avant les autres fabricants qui s’y mettent à cause de la supériorité de ce principe).
Le rendement d’une machine à aiments permanents est un peu meilleur qu’une machine exitée par électroaiments qui elle même est meilleur qu’une machine asynchrone (bien que pour les fortes puissances l’écart dimminue).
Le principal inconvenient des aiments permanents est qu’il est impossible d’ajuster le cosphi en mode couplé au réseau. Leur utilisation necessite l’emploi de convertisseurs electroniques. En contre partie, les convertisseurs permettent de changer la vitesse de rotation et donc d’emmener l’éolienne a son rendement max à toutes les vitesses de vent (donc benefice sur deux tableaux).
Les machines asynchrones bien que plus économiques ont d’autres inconvénients de taille: elle ne contibuent pas à souteir le cosphi du réseau et ont une tolerence tension / vitesse réduite. En novembre 2006, lors de la panne qui a touché l’europe, les éoliennes ont eu une part de responsabilité en se déconnectant trop rapidement du réseau.
L’utilisation du neodyme n’est cependant pas obligatoire pour réaliser des machine synchrones. (il reste mieux, notamment à faible charge).
Cordialement,
Hervé