CO2 = POP x CO2/POP 13


Dans “Le Matin” d’aujourd’hui, Antonio Hodgers prétend qu’à propos d’impact sur l’environnement “il ne faut pas en conclure que nous sommes trop (…) le critère important c’est le mode de vie” .

Soit il ignore la merveilleuse équation de Kaya dont une version simplifiée sert de titre à cet article, soit il indique clairement le choix de société qu’il propose : entasser beaucoup d’humains en les rationnant. Or l’équation de Kaya montre clairement que la population est un facteur aussi important que le “mode de vie” : on peut réduire notre impact sur l’environnement tout aussi efficacement en étant moins nombreux.

D’ailleurs, la proposition d’Antonio Hodgers de revenir au standard des années 1960 inclut cet aspect puisque  les émissions de CO2 par tête de Suisse en 2006 sont les mêmes qu’en 1967. C’est bien la population du pays qui a augmenté de 25% dans le même temps et généré tout autant de gaz à effet de serre, d’utilisation du territoire, et nécessité une centrale nucléaire de plus.

CO2 / habitant et POPulation de la Suisse de 1858 à 2006 (cliquer dessus pour la version interactive sur le merveilleux Gapminder)

A noter par ailleurs que la seule diminution de la population suisse enregistrée en 150 ans a suivi le choc pétrolier de 1973 et a duré pratiquement 10 ans, un fait que les apôtres de la décroissance ne devraient pas oublier… Depuis, les émissions de CO2 par habitant diminuent régulièrement, en Suisse comme dans beaucoup de pays industrialisés.

L’oubli systématique du facteur POPulation dans le débat écologiste ne peut que semer la confusion. La Chine n’est le 2ème pollueur de la planète qu’en raison de sa population : le chinois n’est qu’au 80ème rang en terme d’émissions par habitant, derrière Cuba, les Seychelles et la Thaïlande, et la Suisse au 50ème rang, entre la France (46ème)  et la Suède (51ème).

Les pays comme la Chine et l’Inde ont fait un immense effort en limitant leur POPulation de façon drastique, ce qui leur a permis de sortir de la misère et d’amorcer un développement fantastique. C’est “grâce” à des avortements en masse, M. Hodgers, que les prévisions de la population mondiale se sont révélées fausses. Demander aujourd’hui à ces même pays un effort au niveau du deuxième facteur de l’équation est indécent.

Dans nos pays, nous arriverons à poursuivre notre effort sur CO2/POP par des économies et une production d’énergie plus propre, mais pour préserver notre niveau de vie il faudra bien se résoudre aussi à réduire notre population. Car si le scénario d’une Suisse à 10 millions d’habitants en 2050 se vérifie, c’est 25% de réduction des émissions par tête qui n’auront servi à rien.