le graphique de Minard sur la campagne de Russie 6


On commence l’année par une info pas très réjouissante : 400’000 français sont morts en Russie. Mais bon, c’était en hiver 1812, pendant la campagne napoléonienne… La raison d’en reparler, c’est la re-découverte de la carte/graphique statistique ci-dessous, oeuvre de M. Minard en 1869 (cliquer dessus pour l’agrandir) :

L’invasion se lit d’ouest en est, en suivant la bande colorée, dont la largeur est proportionnelle au nombre de soldats vivants à chaque étape. La retraite se lit de droite à gauche en suivant la bande noire qui rétrécit de 100’000 hommes à Moscou, puis à 20’000 avant la fameuse Bérézina où les rejoignent les 30’000 rescapés du détachement de 60’000 hommes envoyés vers Polotzk avant de se faire décimer, puisque 10’000 survivants seulement parviennent à ressortir vivants de cet enfer gelé.

La partie inférieure du graphique indique les températures auqxuelles cette malheureuse chair à canon à été exposée durant la retraite. Comme c’est des degrés Réaumur, il n’a fait « que » -16°C à partir du 9 novembre et jusqu’à -24°C le 6 décembre. Un mois à moins 20 …

A ce sujet, j’avais appris au Collège (=Lycée) que l’étain dont étaient faits les boutons des uniformes napoléoniens devenait friable par grand froid, ouvrant les vêtements des soldats. je ne retrouve pas cette information sur le web, si quelqu’un a des précisions, ça m’intéresse…

Sources:

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6 Commentaires on "le graphique de Minard sur la campagne de Russie"


Invité
Goulu
1 an 7 mois plus tôt

Trouvé par hasard un programme Python qui retrace un graphe similaire (quoique moins joli) à partir des données historiques de Minard ici : http://networkx.github.io/documentation/latest/examples/graph/napoleon_russian_campaign.html

Invité
zamm
3 ans 4 mois plus tôt

Ce type de diagramme est vraiment excellent pour saisir l’essentiel en un coup d’oeil! Merci pour l’avoir déniché – je me rappelais seulement l’avoir vu quelque part…

Concernant l’étain des boutons, c’est peu probable pour un uniforme porté sur le corps. En effet, il faut un certain temps à cette »peste/lèpre » de l’étain pour apparaître: de longs mois en tout cas, avec une vitesse de transformation maxi vers -30…-40°C (cause: transformation allotropique de la structure « métallique » assez ductile usuelle à la structure « diamant », friable ; comme il y a augmentation de volume et que c’est justement devenu friable, tout part en poussière).
http://aiccm.org.au/docs/Bulletin1991/Gilberg_Bulletin_1991_Vol17No1and2.pdf
Le phénomène est souvent mentionné pour les orgues, par exemple:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Orgue_Jean-Pierre_Cavaillé_de_l‘abbaye_de_Gellone_à_Saint-Guilhem-le-Désert
http://www.uquebec.ca/musique/orgues/france/tourssg.html
Pour les soldats de Napoléon, on a trouvé en 2001 à Vilnius une fosse commune : leurs boutons ne sont pas en étain, au mieux en bois recouvert d’une tôle d’étain. Donc, au pire, une partie d’entre eux risquaient d’avoir des boutons moches…
http://www.terranobilis.com/pdf/article_ombres_russie.pdf

Invité
7 ans 4 mois plus tôt

effectivement, je ne l’ai pas cité mais c’est bien à Tufte que je pensais en mentionnant la « re-découverte » de cette carte. je vois d’ailleurs qu’on peut la lui commander sous forme de poster ici http://www.edwardtufte.com/tufte/posters

Invité
blogsras
7 ans 4 mois plus tôt

Edward R. Tufte a consacré une étude approfondie à cette carte dans un de ses ouvrages.
Cf http://www.edwardtufte.com.

Grognard Figorifié